PLASTICIENS 2017

JEANNETTE LEROY

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A Paris, Jeannette Leroy suit les cours de l’Académie Julian, fréquente les artistes de l’Ecole de Paris et fait la connaissance de Pierre Soulages, Zao Wou Ki, Karel Appel, Jean-Paul Riopelle, Pierre Schaeffer, Ionesco……
Après s’être tournée vers la céramique, elle rencontre le photographe, peintre et cinéaste suisse Peter Knapp qui la présente à Hélène Lazareff, directrice du magazine Elle, qui l’engage comme rédactrice.

Elle devient photographe de mode pour des magazines européens, américains (1965-1974) et de paysages (Japon,Cambodge).

Puis le dessin figuratif (1974-1994 ) de natures mortes et de portraits prend une place exclusive  dans l’œuvre de Jeannette Leroy qui l’abandonne pour s’exprimer dans la spontanéité gestuelle de la couleur.

A partir de 1995, toujours soucieuse de recherche, renouvellement et invention, Jeannette Leroy se métamorphose en peintre abstrait lyrique qui traduit  l’émotion poétique qu’elle ressent au contact de la nature dans des évocations abstraites de paysages. Pour aimer Jeannette Leroy, il faut aimer la peinture, non pas la peinture narrative, descriptive, mais la peinture pour elle-même, dans sa couleur, sa matérialité, dans le geste qui la fait advenir sur la toile.

L’artiste n’entend pas refléter la nature, elle peint ce que celle-ci dépose en elle. Il s’agit plutôt de saisir le sentiment de la nature et du rapport retrouvé avec elle. Elle peint d’après des paysages remémorés et le souvenir des sentiments qu’ils l’ont inspirés et qui sont transformés. Couleurs et touches sont ici indissociables. Telles des empreintes, les couleurs gardent la mémoire du geste qui les a appliqués. Rapide et énergique, e geste impulse un rythme tandis que les empâtements de matière jouent sur la lumière. Sismographe de sa propre sensibilité, l’artiste est l’héritière d’une pratique de la peinture gestuelle, spontanée, comme expression d’un individu libre. Sa peinture informelle, dynamique, lumineuse, est principalement liée à l’émotion ressentie devant la nature qui entoure son atelier de toutes parts avec de larges points de vue sur l’Adour.

Jeannette Leroy se veut hors des normes, refusant toute règle, méthode et système en général. A l’écoute exclusivement de sa sensibilité, de son impulsivité et, en même temps de ses diverses réactions face à une nature qui n’a jamais cessé de l’inspirer. Échappant aux étiquettes, il y a, dans  son œuvre personnelle et poétique, une liberté du geste, de la pulsion, une appétence de la couleur, un goût panthéiste du bonheur, qui puisent dans la nature et le monde végétal l’énergie d’une nouvelle création de leur luxuriance.

En 2007,la palette de Jeannette Leroy s’obscurcit sous l’influence, notamment, de son travail à base d’encres. Dans ses toiles noires, austères, on sent maintenant une tension et des épreuves intimes, auxquelles l’artiste a réagi de toute son énergie vitale. Elle s’intéresse surtout aux rapports complexes entre les noirs et les réserves blanches qui possèdent la tension évidente propre à la peinture moderne.

Cependant, le coup de pinceau ou de la brosse demeurent l’empreinte du geste et de l’énergie brute. Tout son corps continue de s’engager dans une réelle dépense physique, les mouvements et les gestes du bras et de l’épaule ne tendent qu’à une ultime structure d’émotion.

Travaillant de mémoire, très concentrée sur elle-même, l’artiste peint en écoutant de la musique classique ou une émission de philosophie. Lorsque Jeannette Leroy travaille, elle ne cesse d’aller et venir, dansant devant le tableau en cours, se déplaçant au fond de l’atelier où elle peut l’observer dans sa totalité. Ces va-et-vient font partie intégrante de l’action de peindre et de sa gestualité.

 

GERARD FROMANGER

L’œuvre figurative de Gérard Fromanger décline, depuis la fin des années soixante, une narration artistique culturelle et sociale.

Depuis son amitié avec le poète Jacques Prévert, sa participation aux événements de Mai 68,ses promeneurs dans la cité, ses silhouettes rouges, son film-tract avec le cinéaste Jean-Luc Godard et les commentaires sur son œuvre de ses amis philosophes Gilles Deleuze, Michel Foucauld et Félix Guattari.

Son œuvre accède à une grande  notoriété dans les années 1970. Fromanger à toujours reconnu la primauté de l’histoire sur le marché de l’art. L’histoire de l’image dans l’art occidental, depuis Giotto à Picasso et Giacometti en passant par Cezanne, et de Marcel Duchamp à l’artiste nord-américain Bruce Nauman.
L’histoire de la couleur. Après une rapide étape en noir et blanc, il investit tout le spectre coloré. La couleur sera toujours sa raison d’être peintre, avec toutes les conséquences  notamment politique, qui en découlent. Il traversera Mai 68 en artiste engagé avec son langage-couleur, y puisant une force pour peindre l’énergie du monde, aux côtés de ses amis artistes et philosophes.

Sa figuration narrative est principalement axée autour du passant, du piéton, du promeneur appréhendé dans les rues de la grande ville. Le spectacle de la grande ville, dépeint comme la comédie humaine contemporaine, se remplit, sous les yeux du peintre, de toutes les couleurs de la vie.

Si, entre les années 1958 et 1965, Gérard Fromanger n’a pas participé aux mouvements pop londoniens et new-yorkais, il se situe, néanmoins, dans ce mouvement artistique et culturel international qui supposa une rupture avec le monde de l’art et de la pensée antérieur aux années 1960.

 

DANIELLE LOISEL

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Elle a illustré les livres de poésie des poètes de la Caravane Syrienne (le poète syrien Omar Souleimane et la poétesse syrienne Khouloud al Zghayare) et participera à la signature, le jeudi, à la fac, puis à l’Ecole d’Art.

« Après le geste, la couleur, laisser la place au vide, à partir de la toile nue. Découpage de l’espace, le geste se condense en signe, et le signe concentre l’espace, autour du paysage.

« Le paysage, c’est l’endroit où le ciel et la terre se touchent ».  L’impossible mesure de l’eau, de l’air, de la terre, favorise un imaginaire du lieu, de la perspective.

Entre abstraction et représentation, rupture, diffusion, arrachement de la matière. »

Danielle Loisel a été Présidente du Génie de la Bastille pendant 10 ans. Depuis 2015, elle est membre de la collégiale de l’Association.

 

 

ZUMETA, Peintre,graveur,céramiste

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Le Gernika de Zumeta

Zumeta ( Ursubil,1939),fréquente l’Ecole des Arts et Métiers et assiste aux cours de l’Association Artistique de Guipuzkoa,à Saint-Sébastien.
Après avoir travaillé comme dessinateur dans une entreprise spécialisée dans les arts graphiques, il part pour Paris,en 1959,avec le peintre Rafael Balerdi, où il découvre les dernières tendances artistiques. A son retour,il s’installe à Fontarrabie où il expose, ainsi qu’à Saint-Sébastien,des peintures,reliefs et sculptures,avec Bonifacio,Mendiburu, Balerdi.  Il se fixe à Stockholm puis Londres.En 1965,il participe à la fondation du groupe d’avant-garde guipuzcoan  « Gaur »de l’Ecole Basque,aux côtés d’Oteiza, Chillida, Balerdi,Sistiaga,Arias,Mendiburu, Basterrechea.Il expose ses œuvres à Mexico, Madrid,Bilbao, Stuttgart, Franckfort, Cologne, Saint-Sébastien etc.
Dés son séjour parisien,en 1959, Zumeta s’intéresse au style expressionniste,en travaillant une peinture sous la forme de bandes de couleurs pures,Il passe ensuite à la peinture d’action plus gestuelle où couleur et forme se fondent organiquement en un monde abstrait.
Puis,l’artiste engage sa peinture dansune abstraction biomorphique et gestuelle.En 1976,il inaugure une nouvelle période » grise « ,proche de Roberto Matta,dans laquelle Zumeta s’attache à une forme de réalisme social en s’appropriant la figuration critique expressionniste pour réviser ironiquement l’esthétique basque dans sa version régionaliste.

En 1984,il produit sa série des »Papiroak »,un ensemble de peintures sur carton ondulé,travaillées a tempera,où il raconte des histoires de la vie quotidienne.Dans ses peintures plus récentes,Zumeta poursuit son expérimentation avec le dessin spontané en des compositions aux contenus symboliques et sexuels en même temps qu’elles  suggèrent une attitude mentale devant la nature, l’homme et ses comportements.
Il retrouve l’expressionnisme abstrait avec certaines références à Nicolas de Stael, au Mouvement  Cobra, qui sont des échos de ses années parisiennes qui réapparaissent de manière récurrente dans son œuvre.
Son œuvre métamorphique,ouverte à tous les langages,apparaît comme une alternance de données et états  de la figuration avec d’autres où Zumeta investit le courant néo-expressionniste en revendiquant recherche d’un fonds »primitif », traditions populaires,ethnologie, expérimentation,spontanéité,intensité des images.